«Bien mal au cul ne profite jamais»
TEXTE: IVAN FRÉSARD
- 96% des fonctions vitales d’un artiste romand sont utilisées par
sa langue
- les 4% restants restent un mystère.
Malgré les apparences, je ne suis malheureusement pas (encore)
assez narcissique pour relire ma chronique à sa parution. Ce qui
me permet d’oser des choses qui me mettraient mal à l’aise si je
les lisais de quelqu’un d’autre. J’écris, je fuis. De temps en
temps, certains dramatiques de la culture s’offusquent qu’on
osât les agacer de la sorte et menacent même de couper mes
privilèges, pourtant logiquement acquis au temps où, comme
tout membre de la RSR, mon cul était moite de leurs léchages
intéressés. Pas de panique: en Suisse romande, privilèges =
deux ou trois bières au Cully Jazz et des invits aux premières de
Boulimie. Comme ça fait longtemps que je n'y vais plus, mes
scrupules me laissent vous en démonter encore trois autres,
cette semaine.
LA VILLE MORTE, DIRECTION ARMIN JORDAN, GRANDTHÉÂTRE,
GENÈVE
Ça m’a fait un drôle de choc: Armin Jordan est toujours vivant.
ET ALORS? Il semblerait que, dans la musique classique, il y ait
des intouchables… On verra bien.
L’AVARE DE MOLIÈRE, THÉÂTRE DU GRÜTLI, GENÈVE
Bon, ben, c’est l’histoire d’un type, c’est un grippe-sou. ET
ALORS? C’est bien passqu’y se passe vraiment rien
d’intéressant dans la région pour le moment que je vous parle
de ce Molière.
DRALION, LE CIRQUE DU SOLEIL, GENÈVE
Ça y est, y sont loin! ET ALORS? On va de nouveau pouvoir faire
pisser Médor sur la plaine sans s’faire engueuler par un
Québécois. |