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«Allons enfants de l’apathie»

TEXTE: BENOÎT COUCHEPIN

Alors voilà. C’est le Tour de Romandie. L’occasion inespérée de
relire Antoine Blondin. On les connaît trop, quand même, il faut
les rappeler: sur quelques Tour de France, ces délicieux titres
d’article: L’as «Hassen frappe toujours deux fois, Un Namur
comme le nôtre, Le dernier Chalon où l’on cause, L’affaire est
dans le sacre, Chaque chose en son temple, L’Aimar au diable…
Des merveilles, des sourires, des rires, une écriture, un souffle.
Le vrai Blondin est moins drôle, plus tendre, plus triste. «Une
nuit sur deux, Quentin Albert descendait le Yang-tseu-kiang dans
son lit bateau: 3000 kilomètres jusqu’à l’estuaire, vingt-six jours
de rivière quand on ne rencontrait pas les pirates, double ration
d’alcool de riz si l’équipage indigène négligeait de se mutiner…»
Blondin? Un enchantement mâtiné de désespoir très drôle. Un
homme qui pense un tout petit peu à côté. Et ça fait du bien.

Allons enfants de l'apathie, Antoine Blondin, Ed. Robert Laffont,
collection Bouquin, Paris, 1991

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