PDC, les pieds dans la boue
TEXTE: THIERRY MEURY
Il n’y a pas si longtemps, le débat avait fait rage dans les rangs
démocrates-chrétiens: il fallait trouver un autre nom à ce parti.
Mais comment se définir? Enlever «chrétien», enlever
«démocrate»? Eh bien, la réponse vient d’être donnée par les
délégués dudit PDC. En effet, en plébiscitant les lois sur l’asile et
les étrangers, on sait maintenant que c’est plutôt le «P» qui fait
désordre et que, ce qu’il faut garder, c’est «DC». Un «DC» qui
serait parfait avec un «U» devant…
Les Romands du parti ont beau être désolés par cette prise de
position, oeuvre principalement de la belle Doris Leuthard, une
femme d’extrême droite qui n’a rien à envier à la fort peu
regrettée Metzler, la fronde s’arrête à un haussement d’épaules.
Car, au PDC et pour reprendre les mots du ministre français
Chevènement, on ferme sa gueule ou on démissionne. Ou, à
l’instar de Deiss, on ferme sa gueule sept ans et on démissionne!
D’ailleurs, à ce propos, il est amusant de constater qu’au
moment où le plus médiocre politicien de ce pays refile son sac,
prétextant entre autres ne plus pouvoir travailler avec Blocher, le
populisme de celui-ci et de son parti minant le travail du collège
gouvernemental, le parti du même insignifiant Deiss rampe dans
la boue du tribun zurichois, espérant ainsi récolter quelques voix!
Dès lors, quelle importance que ce soit la crypto UDC Leuthard
ou l’intégriste catho Chassot qui succède au néant?
Quel intérêt pour ce pays d’avoir, au sein de son exécutif, le
représentant ou la représentante d’un parti sans idées qui, de
surcroît, n’a pour ambition que d’être d’accord avec celui qui
parle le plus fort afin de sauver ses billes? Comme on chasse les
doublons dans la fonction publique, la vraie sagesse serait de
renoncer à l’inutile!
Et de se contenter, à l’image de ces trois dernières années, de
six conseillers fédéraux!

