«A force de s’écouter parler, on va finir par
ne plus s’entendre penser»
TEXTE: IVAN FRÉSARD
Pour être artiste professionnel, il faut obligatoirement être
tourmenté, sinon, pas droit à l’AOC Artiste romand. Une névrose
reste le meilleur moyen de se faire accepter. La peur de ne pas
trouver une place de parc pour sa New Beatle par exemple ou
celle de ne pas plaire au critique de 24 heures (le plus jet-set de
tous, Michel Caspari, c’est le Massimo Gargia de la critique
romande. N’ont-ils pas tous les deux souvent leurs lunettes sur
le front?). Un mal-être déclaré et visible légitimera
instantanément l’artiste lors d’un cocktail ou d’une remise de
subventions – ce qui revient au même. Habillé de couleur
foncée, jeans gris, chemise grise, écharpe grise, teint gris,
cheveux gris, il est éteint. Pour laisser son art briller, dira-t-il.
Bien entendu, comme vous l’allez pouvoir constater dans les
prochaines lignes, c’est totalement faux.
SALON DU LIVRE, PALEXPO GENÈVE
La seule foire où les artistes choisissent de se montrer pour faire
comme si les livres, c’était sexy. ET ALORS? Pierre-Marcel
Favre est quand même beaucoup moins bandant qu’une
hôtesse de Ferrari.
LE MÉDECIN MALGRE LUI, BEAUSOBRE, MORGES
Cette pièce n’est tellement que rien, que, à lui marcher dessus,
on s’en salirait les chaussures. ET ALORS? C’est juste parce que
Philippe Cohen l’a mise en scène et qu’il n’aime pas ce que
j’écris. Sinon, les autres, y sont vachement bien.
TRAHISONS, KLÉBER-MÉLEAU, LAUSANNE
Philippe Mentha, Michel Voïta, des superstars du théâtre,
d’après le milieu. ET ALORS? Eh ben pour moi, Mentha, c’est
une Opel, et pis c’est tout. |