| Marks & Spencer, la ou le magasin?
Oh my God! c'est avec une jolie faute de français que la célèbre
marque britannique annonce l'ouverture de son premier point de
vente en Suisse.
TEXTE: NATHALIE DUCOMMUN
Marks & Spencer a débarqué en Suisse. Le 27 avril, c'était en effet
l'ouverture de «sa premier magasin» à Genève. «Sa» premier
magasin? Yes my dear, c'est bien ce qu'on peut lire sur le tousménages
glissé dans les boîtes aux lettres de la région du bout du
lac. Une grosse faute de français qui ressemble joliment à ces petites
confusions de genre si typiques de l'accent anglais. Alors quoi? C'est
Jane Birkin qui signe la campagne d'ouverture de Marks & Spencer à
Genève? Plus sérieusement, le magasin qui se targue pourtant
d'avoir engagé des chômeurs genevois comme personnel de vente
n'a-t-il pas réussi dans la foulée à dégotter un assistant de
communication qui speaks good french? Ou pire encore, dans un élan
colonialiste et centralisateur, la maison mère de Londres aurait elle,
elle-même, décidé de s'occuper de la rédaction des textes
publicitaires pour la Suisse?
Eh bien, que les mauvaises langues (romandes) se taisent, les Anglais
n'y sont pour rien, l'erreur est en fait toute suisse. Car ce n'est pas
entre Genève et Londres que l'on se comprend mal, c'est entre
Genève et... Zurich! Et voilà comment, d'un coup d'un seul, une
petite faute de français perd tout de son charme.
Car, au départ, il y a un an, c'est dans la capitale économique du
pays que l'ouverture du premier Marks & Spencer était prévue. Le
groupe grec Marinopoulos à qui appartient l'exploitation de la marque
à l'extérieur de la Grande-Bretagne, avait confié à une agence
zurichoise les tâches de marketing: l'agence Lowe. Le premier
magasin a finalement ouvert la semaine passée à Genève, mais c'est
Lowe qui a gardé le mandat. «C'est vrai, il y avait une faute? s'étonne
l'un des responsables de l'agence. Ah oui! C'est parce que, au départ,
le texte parlait de l'ouverture de «sa première boutique». C'est de là
que vient la faute.» Le directeur du magasin genevois Yves Menoud
confirme: «C'est bien un malentendu entre Zurichois et Genevois.
Quand j'ai lu le mot «boutique», j'ai dit qu'il fallait le remplacer par
«magasin», parce que notre espace est bien plus grand qu'une
boutique. Mais on ne m'a pas soumis la version finale, et la pub est
sortie avec la faute d'accord.» Et de soupirer: «De toute façon, c'est
sur moi que la faute va retomber.» Ach, Schade! Comme on dit de
l'autre côté de la Röstigraben. |