Conversation à bâtons ininterrompus
TEXTE: GÉRALDINE SAVARY, Conseillère nationale
Jeudi 26 avril, 10 heures, au Palais fédéral:
- Et tu sais quoi, Joseph démissionne.
- Joseph qui?
- Deiss, Joseph Deiss, pardi, ton conseiller fédéral.
- Deiss démissionne? Pas possible, il est malade?
- Non, il se sent simplement fatigué, tu vois, avec cette
ambiance au Conseil fédéral, ces collègues qui lui
cherchent noise, ces apprentis qui râlent, ces chiens qui
aboient…
- Pourquoi je n’étais pas au courant? Et personne ne m’a
encore appelé pour me demander si je suis candidat. C’est
encore un coup à Schwaller. Darbellay, il t’a dit s’il partait?
- Oui, au train de 18 heures 30.
- Et Buman?
- Je ne sais pas, je ne l’ai pas encore vu, sans doute encore
sous la douche. De toute manière, le PDC va présenter
Doris Leuthard. Pour faire oublier Metzler.
- Doris, Doris, toujours Doris. Si seulement elle avait autant
d’idées que de paires de chaussures.
- Au pire, il y a toujours Brélaz. Maintenant que les Verts
négocient avec les radicaux, ils devraient pouvoir travailler
avec les démocrates-chrétiens. Il n’y a plus qu’avec les
socialistes qu’ils ne s’entendent pas.
Au même moment, dans la salle des pas perdus:
- Tu sais quoi, Charles-Louis ne se représente pas.
- Charles-Louis qui?
- Rochat, Charles-Louis Rochat, le conseiller d’Etat vaudois.
- Ah bon, il est malade?
- Non, mais avec un bilan inexistant, une présence
médiatique invisible, une popularité zéro…
- Et qui va lui succéder? Olivier Fehler?
- Tu confonds, Fehler est radical.
- Haury, Leuba? Ou Claudine Amstein. Pour faire oublier
Spoerri.
- Au pire, il y a toujours Recordon. Il a une longue
expérience d’exécutif à Jouxtens-Mézery.
Quelques mètres plus loin:
- Tu sais quoi, Claude prend sa retraite.
- Claude qui?
- Hêche, Claude Hêche, le conseiller d’Etat du Jura.
- Ah bon, mais on s’en fout, du canton du Jura.
- Kohler est à disposition, Lachat reviendrait, Rennwald
réfléchit.
- On s’en fout, je te dis.