Balai fédéral

TEXTE: SCARBO

A deux, on est plus forts: telle est la nouvelle devise de Marlyse
Dormond et Michel Béguelin, le ménage le plus socialiste de
Suisse. C’est désormais en couple que les époux Dormond-
Béguelin pratiquent l’art du débat politique. Madame attaque le
contradicteur bourgeois, Monsieur renchérit, la femme soutient
son mari qui défend pied à pied son épouse, un tableau idyllique
qui ne peut qu’emporter l’adhésion des citoyens les plus indécis.
Marlyse et Michel ont choisi le thème de l’AVS pour expérimenter
ces débats politico-amoureux. A 127 ans à eux deux, ils ont
compris qu’on n’est jamais mieux défendu que par soi-même.

L’élection de Doris Leuthard doit beaucoup à sa brillante
prestation devant les groupes politiques. L’Argovienne a expliqué
aux socialistes que la question d’une nouvelle centrale nucléaire
ne se poserait pas avant quelques années. Quelques minutes
plus tard, devant les parlementaires UDC, elle déclarait que la
question allait forcément se poser d’ici à quelques années. Deux
façons différentes de dire la même chose et, surtout, un moyen
efficace de faire oublier l’absence de concurrents. Le PDC n’a
présenté qu’une candidate, mais les parlementaires auront eu
l’impression d’avoir affaire à tout un régiment.

Scarbo présente ses excuses à ses rares lectrices et lecteurs. La
semaine passée, Scarbo plaignait ce malheureux Moritz
Leuenberger, qui allait devoir, malgré tous ses efforts, assister
au fastidieux spectacle du match Suisse-France. Scarbo avait
tort: le président de la Confédération a finalement osé renoncer
au voyage, faisant fi de la tradition et autres obligations
protocolaires. Scarbo aura ainsi trahi la réalité d’une façon toute
particulière: il était en deçà.

©2006 Saturne All Rights Reserved. Designed by Cyber-squid