LES COULISSES DU POUVOIR

«Misons sur la femme»

Pascal Couchepin et Joseph Deiss veulent lutter
dignement contre le populisme de Blocher.

TEXTE: NICOLAS GRANDJEAN

– Or ça, cher Joseph, oublions nos querelles.
– Querelles? Dites plutôt votre méchanceté
perpétuelle alors que nous devrions être alliés.
– Voyons, Joseph, tu le sais: pour un radical
valaisan, une journée à ne pas dire du mal du
PDC est une journée perdue.
– Pardonnez-lui, Seigneur, il ne sait pas ce qu'il dit.
– Amen. Bon, maintenant que je nous ai
réconciliés, soyons clairs: je suis très fâché.
– Qu'est-ce que j'ai fait, bon Dieu
– Rien, justement! Après avoir gagné la votation
sur les nationalisations… non, les maturations…
enfin, le truc, là, sur la suissifications des
étrangers, Blocher s'est payé notre tête devant
tous les plumitifs d'Helvétie et de Navarre. Et
vous ne lui avez pas foncé dans le lard.
– Peu importe: la presse l'a fait à ma place.
– N'empêche: ma concierge m'a surtout parlé du
visage hilare de Blocher et de notre mine
sinistre, à Moritz et à moi.
– Sinistre, Moritz l'est toujours s'il ne dort pas.
Quant à vous, mon frère, faites comme moi:
souriez, envers et contre tout. Comme à la
fameuse séance du Conseil fédéral.
– A quel sujet?
– Micheline voulait qu'on interdise Blocher de
parole sur les bilatérales II. Je n'étais pas contre,
mais de là à dire oui… Alors, miracle! Il y a eu
l'idée de Moritz: tous les sept nous prêcherons le
oui sous la houlette du président. Et comme en
2005 le président sera Samuel Schmid, ça-vabar-
der-à-l'UDC!
– Reste à faire guili-guili aux citoyens sans être
taxés de populisme.
– Prenons un pari, Pascal, et misons sur la femme.
Sylvia Blocher a prédit la fin de la concordance
dans la SonntagsZeitung? Que nos chères et
tendres se bougent, elles aussi.
– Au fait, Roswitha Merz a déclaré qu'elle refusait
de jouer les potiches enamourées…
– Et Gret Loewensberg, moitié de Moritz, qu'elle
accepterait une interview sur l'architecture!
– J'y suis, Joseph: je vais demander à Brigitte de
récolter les pièces jaunes.
– Ça ferait Bernadette Chirac.
– Juste. Alors, elle patronnera un concours de
tricot sur internet.
– Excellent. Moi, je vais te me remettre Babette au
macramé caritatif que ça va être vite fait. Quand
je vous disais que nous sommes d'accord sur
l'essentiel.

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