L'HYPOCONDRIAQUE

Sexambule

Voilà une maladie qui vient d'apparaître et dont pour une fois je ne crains rien. Au contraire, avec un nom pareil, je pourrais bien être tentée de la contracter: «la sexualité en état de sommeil» (SES). Pratiquant Hervé, me dis qu'un bel assoupissement m'éviterait parfois de recompter les fleurs sur la tapisserie – au nombre de 17. Un des rares cas mondiaux de SES vient d'être identifié en Australie. Une femme mariée abandonnait le lit conjugal en état de somnambulisme pour s'offrir au premier venu. Elle ne gardait aucun souvenir de ses délicatesses nocturnes. C'est le nombre de préservatifs autour de leur petite villa qui a alerté le mari. «HERVÉ!» j'ai dit aussitôt après avoir lu la prestigieuse revue de l'Association australienne du sommeil, soudain certaine qu'il avait attrapé la chose. Pour preuve, quand il est avec moi et que de la 1ère à l'ultime (4e) minute de ce qu'il appelle «notre petit travail commun», il a l'œil clos, plus clos que celui d'une des statues des bouddhas de Bamiyan, n'est-ce pas qu'il dort pour de bon? Et puis, quand il rentre chez lui et qu'il touche à peine son officielle (sa remorque qu'il l'appelle), Hervé qui souffre de somnambulisme ne va-t-il pas s'offrir à la première venue? Hervé, j'ai redit et sans lui laisser le temps de répondre, lui ai passé un savon terrible pour tromperie. Un savon qui n'éliminera pas les microbes qu'il m'a sans doute ramenés, pas plus qu'il ne lavera mon honneur. «Faute de mieux, je te garde, lui ai lancé. Et t'as de la chance.» Mais il dormait déjà.

Béatrice Schaad

 

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