COIN BRICO

La garde-robe de Micheline Calmy-Rey

TEXTE: PETER PETER

Le peigne à pinceau
Seuls les très bons observateurs et les coiffeurs l'ont remarqué: selon les circonstances politiques, la coiffure de Micheline porte un nombre de mèches variable. L'ethnologue attitré de la vie fédérale (qui reste anonyme, on le comprendra) a relevé la précision des rituels de la conseillère fédérale. Une séance au conseil fédéral: une mèche. Un rendez-vous avec Colin Powell: quatre mèches. La conclusion de l'Accord de Genève: six mèches. Une visite à Kofi (Annan): quinze mèches. Prototype habilement fabriqué par son mari (qui n'est pas la moitié d'un bricoleur), ce peigne unique coiffe la chevelure tout en blanchissant une mèche à la fois (peinture acrylique, 0% de matières grasses).

La robe à cheveux
On l'aura compris, Micheline porte un culte à ses cheveux. Conséquence de cette vénération pour sa propre production capillaire, elle ne supporte pas de jeter ses cheveux coupés. Elle a donc, depuis toujours, cherché à les recycler. Pendant longtemps, elle les a utilisés pour rembourrer des coussins, des duvets et des chaises. Et puis un jour, c'était au moment de commencer une carrière politique, elle a eu l'idée d'utiliser ses déchets capillaires comme parure. Cette robe représente plus d'une centaine de coupes successives. Mèches comprises, les cheveux récoltés ont été patiemment noués à la main, pour former un duvet d'un soyeux prodigieux. Bien-sûr, Micheline ne porte cet habit que pour les très grandes circonstances, comme un cocktail onusien, ou une défaite de Pascal Couchepin aux votations.

Pyjama ONU
Lorsque la Suisse a dit «Vouï» à l'ONU, selon l'expression mémorable de Kaspar Villiger alors président de la Confédération, la grande institution internationale a offert un beau pyjama à Joseph Deiss, alors en charge des Affaires Etrangères. Lorsque Micheline a repris ce département, elle a hérité de l'habit (qui, selon le règlement, appartient avant tout à l'administration). Voilà pourquoi la taille du vêtement est bien trop grande pour la conseillère fédérale – ce que de mauvaises langues ont vite interprété comme un symbole. Quoiqu'il en soit, la conseillère fédérale porte ce pyjama en satin bengladi à peu près toutes les nuits. Deux explications à cela. Son amour de la chose internationale évidemment, qu'elle manifeste en toutes occasions. Mais aussi, une tenace odeur de musc laissée par Jo Deiss. A sa grande surprise, la conseillère fédérale ne peut plus s'en passer pour dormir.

Le sac Dalmy
Ses nombreux conseillers lui ont bien dit que ce n'était pas la peine d'en rajouter. Micheline aime cependant beaucoup cultiver son image de Cruella, qui lui colle à la peau depuis que le rédacteur en chef du Blick a regardé Les 101 dalmatiens de Disney. Elle a donc commandé ce sac en tête de vieux chien à pois noirs, qu'elle emmène tous les mercredis pour les séances du Conseil fédéral. Elle pose l'accessoire toujours bien en évidence sur son pupitre, les yeux du dalmatien volontairement tournés vers l'un de ses collègues, dans le but avoué de l'hypnotiser. Ça marche très bien avec Samuel Schmid et Jo Deiss, qui ne pipent plus mot lorsqu'ils sont visés. Ça marche moins avec Blocher et Couchepin, qui ne font guère que soulever leur lèvre supérieure pour dévoiler leurs canines. On remarquera que la anse et la fermeture du sac sont joliment assorties aux dessous de la conseillère fédérale (voir ci-contre).

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