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DEUX MOTS ET J'ARRĘTE |
Le nom de l'Empereur TEXTE: THIERRY MEURY A l'heure où nous mettons sous presse, nous ne connaissons pas encore le nom du président des Etats-Unis pour les quatre années à venir. Avec un peu de chance, nous ne connaissons pas encore son nom au moment où vous lisez ces lignes. Et quand je dis «le président des Etats-Unis», je pense plutôt «l'empereur». Un empereur du monde qui n'est choisi que par les Américains. Et quand je dis choisi… Evidemment, George Bush est tellement tout ce qu'on voudra, que n'importe qui, voire n'importe quoi à sa place, ferait l'affaire. Evidemment, en cas de victoire de John Kerry, l'homme pourrait, qui sait, compter un véritable démocrate dans son entourage immédiat. Pour le reste…Blanc bonnet et bonnet blanc, le blanc étant ici de circonstance. Car que dire d'une élection dont des centaines de milliers, voire des millions de Noirs américains sont exclus? Que dire d'une élection à laquelle ne peuvent participer – avec une chance de victoire - que des candidats représentants de castes multimillionnaires ou de l'un des deux appareils politiques? Appareils aux convictions finalement si proches, que la guerre en Irak a été votée par l'un comme par l'autre? Que dire d'une élection où le rôle de télévisions privées est devenu central, omnipotent, décisif? Que dire d'une élection se déroulant dans un pays qui, alors qu'il envoie des satellites sur Mars, est incapable d'assurer un contrôle électoral digne de ce nom? Que dire enfin d'une élection qui se résume à un choix entre la peste et le choléra? Et des gens de bonne foi, intelligents, cultivés, brillants, de parler encore de «démocratie américaine»… Si l'Union soviétique avait inventé le régime à parti unique, les Américains se complaisent dans un régime à partis uniques. La Tribune de Genève parlait samedi passé de «dernière ligne droite pour les candidats»! L'expression est bien choisie: la ligne du future empereur ne pouvant être que méchamment de droite! |
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