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DEUX MOTS ET J'ARRĘTE |
Les paysans: «Sors les deux vaches qu'on les compte!» TEXTE: THIERRY MEURY Contrairement à ce qu'affirmait Charles Poncet dans l'hebdomadaire le moins lu de Suisse romande, l'agriculture n'est pas «une vieille catin ridée»! Sa seconde nature serait même la fidélité. Pour preuve, le débat qui agite les paysans en ce moment – et Dieu sait s'il faut être de bonne constitution pour agiter un paysan – concernant les projets de coupes budgétaires dans l'agriculture, dévoilés par Blocher le 7 octobre dernier à l'OLMA de Saint-Gall. En l'occurrence, le petit blond zurichois propose de retirer ni plus ni moins un milliard à la «vieille catin»! D'où interrogations dans une corporation acquise à plus de 60% à l'UDC et son patron. Des doutes qui viennent un peu tard, tant il est vrai que cette vision d'une agriculture abandonnée aux seules lois du marché fait partie – et depuis longtemps – du programme du parti populiste. Mais les paysans ont sans doute dû apprendre à voter avant d'apprendre à lire... Malgré cela – et malgré le fait que certains d'entre eux se sont rebellés – les paysans semblent conserver dans leur grande majorité leur confiance en l'ancien parti agrarien, devenu parti d'extrême droite. Comme quoi, pour paraphraser Willy Ritschard: «Le paysan se lève tôt mais comprend tard». Et Blocher le sait bien. Il a dès lors beau jeu de miser sur la surdité et l'autisme de la vieille! Comme il le fait, soi dit en passant, avec d'autres groupes de gens, obnubilés par la peur de l'Europe ou de l'étranger. Mais il faut dire que les agriculteurs ont de bonnes raisons pour justifier pareille confiance aveugle: la moitié des députés UDC sont en effet des leurs et même le président Ueli Maurer est de souche paysanne, comme il l'avouait récemment au quotidien le plus parcouru de Suisse romande. De quoi rassurer évidemment les bouseux et tant pis si la menace est bien réelle cette fois. Cette coupe d'un milliard signifiant même pour certains, l'enterrement de la ridée. Ce qui n'inquiète pas ses pensionnaires. Et pour cause: un enterrement n'est jamais qu'un retour à la terre! |
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