DEUX MOTS ET J'ARRĘTE

Amer mou!

(ou A Mermoud)

TEXTE: THIERRY MEURY

Le conseiller d'Etat UDC vaudois Jean-Claude Mermoud est rentré de Bosnie, il faudra s'y faire. Plus d'un auraient aimé qu'il y trouve refuge. Mais les conditions de vie ne lui ont sans doute pas convenu, même s'il les juge suffisantes pour les requérants déboutés de son canton. Il faut dire que quand on a eu la chance de devenir conseiller d'Etat, on tient à ses privilèges et à sa petite vie bien tranquille et prospère. Et si j'écris «chance», c'est que Mermoud en a eu. Faisant penser à ces gens devenus politiques parce qu'ils ont raté leurs examens d'entrée dans la police et à la poste, Mermoud est en effet aussi veinard qu'insignifiant. Au point qu'il serait déplacé de comparer son discours au néant, même le néant dans son cas, semblant plus habité! Ah! Elles doivent voler haut les conversations à l'UDC Vaud, entre Mermoud et Fattebert! Et encore, je ne cite ici que les têtes qui dépassent, si tant est que l'on puisse appeler ça des têtes.

Même s'il est vrai que Mermoud à côté de Fattebert a des allures de Balzac! Mais je ne m'étendrai pas sur le cas du cultivateur de tabac de la Broye, tant il est vrai que celui-ci est un client potentiel pour une autre chronique et que, quant à parler de tabac, je préfère économiser mes cartouches. Jean-Claude a donc dit: «Les requérants seront expulsés!» Ainsi soit-il. Il ne fait preuve ici que qu'un suivisme lâche de la ligne blochérienne, Mermoud, à l'instar de nombreux UDC vaudois, surfant sur le succès du Zurichois. Mais que voulez-vous: même les obscurs, les sans-grade, peuvent parfois rêver de destin.

«Longue vie aux médiocres!» disait Danton. Jean-Claude coupera des têtes parce qu'il faut bien que les petits exécutent les ordres des grands. Et il sera sans doute réélu. La lâcheté a toutes les vertus quand elle est populaire. En ces temps où la médiocrité triomphe, il y a fort à parier que Mermoud perdure.

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