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L'ÉDITORIAL |
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Pourquoi rire de Joseph, mon Dieu? ARIANE DAYER L'évidence est funèbre: nous passons d'une année Joseph Deiss à une année Samuel Schmid. D'une présidence acratopège à une présidence acratopège. Vive l'eau plate. Avec ça, aimez la politique et avalez du Prozac. Ras-le-bol d'accepter le «système». Le raisonnement qui voudrait que les institutions suisses soient trop limitées pour tolérer de grands hommes. La quête systématique du plus petit dénominateur commun. Il n'est qu'à voir l'impact sur le pays des idées de Christoph Blocher en matière d'asile pour montrer qu'un homme peut faire la différence. Il en faut d'autres, de solides. Les sociétés basées sur le primat politique ont suffisamment prouvé que l'histoire avance quand elle est portée par de vraies carrures. Il faut le dire: la présidence de Joseph Deiss était indigne. On eût aimé l'ouverture d'un véritable débat sur le sens des tensions au Conseil fédéral, il l'a escamoté. On aurait apprécié une vraie position nationale sur le conflit irakien et les aléas américains, il ne l'a pas portée. Restent quelques voyages pittoresques, où l'anecdote et les formes de chapeau prennent le pas sur tout résultat. Les livres d'histoire, s'ils retiennent quelque chose, se tordront de rire. Rire, justement. C'est ce que vous réclamez, chers lecteurs de Saturne. Depuis la création du journal, vous voulez un journal qui cogne, qui ose, qui dénonce. Qui empoigne l'actualité pour la secouer, avec vigueur, férocité. Dès ce numéro 20, vous serez entendus. Ce sera notre différence. Rire, c'est fondamental. Cela remet debout, relance dans le combat, la participation citoyenne. Rire, c'est tripatouiller le monde pour commencer à l'imaginer différent, à le changer. L'année Deiss est celle d'une tête de moine offerte au Japon, d'une pyramide aztèque gravie avec un bob mou sur un crâne en sueur, et d'une valise oubliée à Barberêche. Une bande dessinée. Sacha Guitry assurait que «ce qui ne tolère pas la plaisanterie supporte mal la réflexion». Avec Joseph Deiss, assurément, on a de quoi réfléchir... |
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