Samuel Schmid, un homme si terne
TEXTE: THIERRY MEURY
Il est à peu près de la même envergure que Deiss, les kilos en
plus et la femme en moins! Même s’il est vrai qu’on ne sait pas
grand-chose sur la nouvelle et pour cause: la pénombre semble
de rigueur chez ces gens-là. Et l’obscurité leur sied. Les
exposer aujourd’hui à la lumière – et Monsieur en particulier –
en revient à accoutrer un pingouin d’une paire de lunettes et
d’un pyjama.
Les éditorialistes peuvent bien se fendre de longs et judicieux
papiers sur les lacunes de notre système et le vide politique qui
en résulte, les photos de Joseph et Samuel côte à côte en
première page en disent bien plus long que d’interminables
litanies.
Avec ces deux-là, aux Jeux olympiques des mous, la Suisse
serait, pour une fois, sûre de décrocher une, voire plusieurs
médailles.
Si comme on le dit, la fonction de président de la Confédération
est essentiellement honorifique et consiste surtout à jouer les
pots de fleurs quand Berne reçoit des visites, on peut alors
estimer que nos deux joyeux drilles avaient vocation pour le
poste. Si en revanche, on est un peu plus exigeant et qu’on
estime que le président doit peser sur la forme et le fond du
débat, il y a de quoi désespérer.
A petit pays, petits soucis dit-on. Mais à petit pays, petits
dirigeants aussi serait-on tenté d’ajouter.
Les satiristes que nous sommes avons du souci à nous faire: il
nous faudra passablement d’imagination pour faire autre chose
avec la même chose. Ou plus clairement dit: pour refaire rien
avec rien. Difficile dans le néant de faire preuve d’humour
éclairé. On se serait pourtant contenté de peu après une année
passée à la lumière d’un pâle néon. Il nous faudra prendre
notre mal en patience.
Les plus optimistes voyaient le bout du tunnel pour la fin de
l’année, Joseph retrouvant sa place dans la crèche. Avec
l’arrivée de Schmid, les malheureux vont devoir déchanter:
après le Simplon, va falloir encore se taper le Gothard!