Maillard, une bonne sieste et puis au lit!
TEXTE: THIERRY MEURY
Quelle drôle d’habitude, chez les socialistes, que de toujours
s’endormir une fois élu! Si encore ils n’oubliaient que leurs
engagements, on pourrait opérer. De nos jours, il existe en effet
quelques palliatifs à la maladie d’Alzheimer.
Non, cela semble malheureusement encore plus grave: en
l’occurrence, une sorte de maladie incurable du sommeil
transmise par les urnes. On sait d’où ça vient, on en connaît tous
les symptômes, mais on n’a pas encore trouvé l’antidote!
Et antidote est le mot bien choisi, tant il est vrai qu’une des
raisons de cet endormissement profond soit précisément la dote
de conseiller d’Etat ou de conseiller, conseillère fédérale!
C’est qu’on entre aujourd’hui au Parti socialiste comme on
entrait jadis au Parti radical: pour faire carrière. Et la chose n’est
pas propre à la Suisse: tous les mouvements sociaux-démocrates
européens semblent victimes du somnifère néo-libéral, quand ce
n’est pas d’une drogue plus dure leur faisant tourner la tête, de
même que la casaque.
Ceci pour expliquer cela. Mais pour en revenir à Maillard, même
ceux qui ne dorment que d’un oeil se souviennent que le remuant
socialiste n’a pas attendu longtemps, soit le lendemain de son
élection, pour, dans la presse romande, mettre de l’eau dans son
vin. Ou plutôt du vin dans son eau, les vertus assoupissantes de
la dive bouteille n’étant plus à prouver, en tout cas pas à votre
serviteur.
Dans l’affaire des requérants déboutés, Maillard installé au
Château, c’est un peu comme si l’un d’entre eux s’en était mieux
sorti que les autres, que lui avait trouvé un refuge dont il ne
serait chassé que difficilement. Même ses adversaires doivent
être surpris par cette somnolence, cette léthargie subite.
Bien sûr, me direz-vous, le socialiste n’est là que depuis trois
mois, il peut encore faire ses preuves et le présent pamphlet
relève un peu du procès d’intention. C’est vrai. Mais les faits, ou
plutôt les «non faits» sont pour le moins troublants non? En
outre, beaucoup me diront qu’on peut, quoi qu’il en soit, avoir
confiance en lui, que Pierre-Yves Maillard est un type bien. C’est
vrai aussi.
Mais bordel de Dieu, ça ne le dispense pas de s’acheter un réveil!