Ah, la magie du cinéma!
Au festival de Locarno, il jouait l'avare: plus un kopeck
pour ce «cinéma suisse colonisé par la gauche»!
Annonçant une réduction significative des subsides à la
culture, notre ministre de l'Intérieur Pascal Couchepin
avait fait pleurer les cinéastes de la nation et déclenché
la polémique. C'était sa manière à lui de marquer le
coup. Les finances de l'Etat étaient à sec et l'industrie
du cinéma suisse n'avait qu'à faire avec. Moins de six
mois et deux changements de saisons plus tard, c'est
dans le rôle – remarquablement interprété – du bon
prince Couchepin que s'est illustré notre conseiller
fédéral aux Journées de Soleure. Voilà tout à coup
800'000 francs sortis de sa besace garnie pour le
cinéma romand et tessinois! Les finances de l'Etat sont
toujours aussi «difficiles», mais qu'importe, comme il le
dit lui-même dans son allocution lors de la remise des
prix: «Le cinéma fait rêver!» Magique.
N.D.