«Il n'y a pas de problème»
Gilles Pache, directeur des programmes information et magazine,
répond aux critiques.
Estimez-vous qu'il y a un problème TJ?
Pas du tout. Nous tenons un journal quotidien, en quatre éditions,
rassembleur et populaire.
Mais les chiffres sont en baisse?
L'audience doit être analysée sur le long terme. Dans le détail, les
mouvements sont explicables. Prenez 2004, le deuxième semestre
est en progression. Simplement, sur le premier trimestre, nous avons
dû faire face à un double assaut de TF1, avec un nouveau jeu et la
Ferme célébrités.
Quelle est la ligne rédactionnelle que vous donnez au TJ?
Le TJ a un rédacteur en chef. Moi, je gère un ensemble plus large. Je
dirais simplement que c'est le vaisseau amiral de la chaîne. Il doit être
le plus rapide possible, le plus direct possible, avec un ancrage
romand. Il a une mission fédérative. Et je vous prie de croire que, en
rassemblant chaque soir 6 Romands sur 10, il remplit plutôt bien cette
mission.
Vous ne trouvez pas que la qualité d'écriture télévisuelle des
sujets a baissé?
Non, je n'ai aucun sentiment de déperdition. Il y a d'excellents sujets
et parfois de moins bons. Evidemment qu'on est toujours perfectible.
Ne faudrait-il pas imposer plus de journalistes avec de
l'expérience?
Il y a, en effet, un penchant naturel des journalistes expérimentés à
avoir envie d'approfondir les sujets après une période consacrée à
l'actualité, et de collaborer aux magazines. Je suis convaincu qu'il faut
faire mieux communiquer les vases dans les deux sens, entre le TJ et
les magazines.
Si vous êtes convaincu, imposez-le!
C'est une rédaction, pas une troupe à qui on dit: «en avant!» La TSR
est une grosse machine, avec des traditions et une culture, elle doit
avancer par la conviction et l'adhésion.
Ne trouvez-vous pas qu'il y a trop de micro-trottoirs?
Non, il est important de savoir ce que pensent les Romands. Ça
m'intéresse plus que ce que pensent les journalistes.
Comment expliquez-vous que les journalistes critiques ne
parlent que sous anonymat. Ils ont peur de vous?
Je n'ai pas d'avis là-dessus. Cela fait vingt-huit ans que je travaille à la
TSR, il n'y a aucune politique de la terreur. S'il y a tant de critiques,
j'aurais bien aimé qu'elles s'expriment dans nos séances.
Vous ne voyez pas de problème, vous n'êtes donc pas en train
de chercher des solutions?
Non. Nous réfléchissons calmement à l'amélioration du TJ, non pas
parce qu'il serait mauvais, mais parce que cherchons toujours à
améliorer les émissions. Nous travaillons à une nouvelle formule pour
l'automne 2005.
Ces questions vous agacent?
Elles m'amusent. Je note un phénomène intéressant: les journaux
adorent critiquer la TSR. Quand nous, nous faisons une émission sur la
presse, elle n'intéresse pas. Sur 1000 émissions, le Temps présent qui
a fait le plus mauvais score est celui sur la fusion entre Nouveau
Quotidien et le Journal de Genève. Si nous faisions un sujet sur
Saturne, qui s'y intéresserait?
PROPOS RECUEILLIS PAR Ariane Dayer