SPÉCIAL VALAIS

La candidate idéale, elle ressemble à quoi?

TEXTE: NATHALIE DUCOMMUN ET ARIANE DAYER

La candidate idéale pour 2009? C'est pas gagné. Quand
on réunit toutes les attentes, on arrive à un portrait de
Picasso qui serait retouché par Chagall: mal de mer
garanti. D'abord, elle ne doit pas être ce qu'ont été
celles qui ont essayé, ou auraient pu le faire. Ni le
modèle dame de la bonne société de Sierre (Jacqueline
Pont), ni pionnière de gauche (Gabrielle Nanchen), ni
enseignante de Martigny (Cilette Cretton), ni
défenderesse de l'économie (Chantal Balet), ni
gestionnaire de commune (Viola Amherd), ni trop
souvent envisagée (Marie-Françoise Perruchoud-Massy).
Ça laisse peu de marge, comme le confirme Jean-René
Fournier: «Quand l'attente est élevée, le challenge est
difficile. La prochaine devra être casquée, armée, ne
pas avoir un bouton sur le nez.» Il résume en une
formule ô combien opportune: «Bref, irréprochable de
devant comme de derrière.»
Championne en tout, mais pas trop: un peu intelligente,
un peu jolie, un poil ambitieuse et un chouïa sportive.
Gabrielle Nanchen précise: «Faut qu'elle ait joué dans la
cour des garçons.» S'y ajoute un réel soutien de son
parti, quitte à composer avec le paternalisme du parrain
qui «la portera à bout de bras». Surtout, surtout, pas de
féminisme affiché, recommande Eddy Duc: «Qu'elles
arrêtent de nous traiter de cons arriérés, et de prendre
toutes les femmes d'ici pour des ménagères. On ne
parle pas aux Valaisannes comme aux Zurichoises. Les
Anti-Mythes n'arriveront à rien si elles se coupent du
terreau, si elles veulent toujours corriger le système.»
Comme les chances d'élection sont minimales, il vaut
mieux peser l'impact de l'échec sur sa vie
professionnelle. Gabrielle Nanchen en sait quelque
chose: «Quand mes enfants ont été à l'école, j'aurais
bien aimé retrouver du travail en Valais.» Elle ajoute:
«La culture des villages tolère mal les gens qui se
mettent en avant. Une femme qui se lance doit être
prête à une grande solitude. Se retrouver seule, mais
debout.» On comprend que les envies soient rares.

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