2009, tu parles d'un espoir!
TEXTE: NATHALIE DUCOMMUN ET ARIANE DAYER
Il le promet solennellement: s'il n'y a pas d'élues en 2009, le radical
Léonard Bender «s'immolera par le feu sur la place de la Planta».
Quand, ébahi par la splendeur de la promesse, on lui fait répéter, il
tempère légèrement: «Oui, bon, j'ai quand même des enfants en bas
âge. Disons qu'au lieu de l'essence, je m'enduirai d'eau froide, n'allons
pas non plus dans les extrêmes!» Une précaution bienvenue: il y a de
fortes chances qu'il soit lui-même candidat en 2009, ce qui laissera
peu de place aux femmes de son parti. Comme aux autres d'ailleurs.
Sur tous les bords, de nombreux hommes trépignent déjà
d'impatience, les femmes attendent. Le Parti socialiste lui-même,
apparemment acquis à la cause, évoque plus souvent la candidature
de Stéphane Rossini que d'autres. Au grand amusement de la radicale
Cilette Cretton: «Les machos du PS ne sont pas plus rigolos que les
nôtres. C'est une race universelle.»
Liliane Andrey, elle, ne perd pas son optimisme, persuadée que l'effet
Lilith promet un bel avenir: «Avec ça, ils seront incapables de préparer
2009 sans femmes.» Méthode Coué ou naïveté pathologique? Si l'on
n'y voit pas un enjeu de société, si personne n'est en danger,
pourquoi un miracle se produirait-il dans quatre ans? Cilette Cretton
est réaliste: «Les hommes ont toujours trois coups d'avance. Ils sont
capables de projeter une carrière vingt ans à l'avance. Ça n'est pas
dans la nature des femmes. Elles ne savent pas se fabriquer.» Jean-
Michel Cina prend la chose du bon côté: «Les hommes se préparent,
pourquoi pas les femmes?»
Pour Liliane Andrey, la pression viendra de l'extérieur, du regard porté
par le reste de la Suisse: «Le canton va se lasser d'apparaître comme
le plus ringard du pays, il va bouger.» Cilette Cretton en est moins
sûre: «Quand les Valaisans font une grosse couillonnade, ils sont
assez fiers.» Les hommes interrogés semblent, en effet, se moquer de
l'extérieur comme d'une guigne. Cela fait «rire» Jean-Michel Cina,
laisse Jean-René Fournier «indifférent»: «Qu'ils se montent le
bobichon tout seuls.» Wilhelm Schnyder commence par admettre que
«c'est une honte d'être l'avant-dernier canton de Suisse», pour se
corriger: «Enfin, disons que c'est regrettable, dommage.» Pour Eddy
Duc, tout jugement externe est irrecevable: «Le canton a des finances
saines, personne n'y manifeste dans les rues: on n'a pas de leçons à
recevoir.» Honnête, un Sédunois lâche, à l'apéro: «Ces histoires de
bonnes femmes en Valais, ça fait plaisir au Genevois et aux Vaudois.
Ici, ça fait juste chier.» Nous voilà renseignés.