L'INTERPELLATION DE SCARBO

«Pourquoi a-t-on interdit la publicité pour la Pomme de terre
primeur du pays dans les flashs info-trafic?», nous écrit le
Conseiller National André Bugnon.

Réponse du Conseil fédéral:
Monsieur, le Conseil Fédéral a pris connaissance de votre
question et vous en remercie. Vous avez raison d'évoquer les
problèmes des agriculteurs, à l'heure où leurs traditionnels
soutiens politiques commencent à s'effriter. Ainsi, votre parti -
l’UDC - a pris acte depuis quelque temps que cette clientèle
coûte cher et se reproduit moins rapidement que ses sections
urbaines, selon le principe des rats des villes et des rats des
champs. Une solution aurait pu consister à déplacer à la
campagne quelques-uns de vos militants citadins. Un Oskar
Freysinger, par exemple, aussi bronzé et intelligent qu'un maître
nageur, aurait fait merveille, la faux à la main, photographié
torse nu pour prouver votre attachement au milieu agricole.
C'est un but que vous atteindrez aussi en défendant les
publicités pour la pomme de terre. Lorsqu'il a annoncé son voeu
de retirer quelques milliards de francs supplémentaires aux
paysans, votre leader Christoph Blocher a lui-même reconnu qu’il
faudrait, en compensation, accorder plus de «souplesse» aux
agriculteurs. Votre intervention en est sans doute l’illustration:
moins d’argent, mais plus de publicités pour les pommes de
terre. En accord avec vous sur le fond, permettez-nous toutefois
de vous recommander d'user d'un vocabulaire plus populaire,
moins élitiste, lorsque vous évoquez ce genre de sujet (et nous
conclurons par là): Patate.

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