Pour poutzer son centre-ville des toxicomanes,
Lausanne envisageait de les parquer sur la dénommée
promenade de la Solitude. Consciente que ce nom est
lourd à porter (comme Daniel Brélaz), elle cherche:
Une rue dotée d'un nom joyeux
Les critères à satisfaire sont les suivants:
– Ce nom doit être tout à la fois chantant comme du
Ramuz, drôle comme du Ouin-Ouin, tendre comme du
Gilles.
– Le nom doit avoir des vertus thérapeutiques: en le
prononçant, tout toxicomane doit entrevoir une lueur,
l'espoir de s'extraire de ce démon avilissant qu'est la
drogue.
– En entendant ce nom, tout Lausannois doit pouvoir
penser: «Nom d'un petzouille, on n'en entendra plus
causer de ces drogués.»
– Il doit imposer chez tous les Lausannois la certitude
que la directrice du département concerné, Sylvia
Zamora, ne s'est pas contentée de déplacer le
problème de quelques mètres.
– Ce nom doit aussi faire oublier que la rue est clôturée
de fils électriques et recouverte d'une bâche opaque
sur laquelle on aura coulé du ciment.
Sylvia Zamora, directrice du Département de la sécurité
sociale et de l'environnement, serait déçue en bien si
vous lui adressiez directement votre candidature à :
place Chauderon 9, 4e étage, case postale 5032, 1002
Lausanne.
N. B. La Ville de Lausanne espérait beaucoup de l'éboulement du M2 pour
l'aider à résoudre son problème de toxicomanes. Toute proposition qui
aurait un caractère aussi radical sera étudiée.