A propos de: «Grrrr... les dentistes nous tondent», Saturne N° 32
Patient perdu
C'est avec grande attention que j'ai lu votre article dans le dernier
numéro de votre journal. En effet, étant dentiste moi-même et
réellement consciente de ce problème de surconsommation des soins
dentaires, spécialement dans un but esthétique, je ne peux que
m'allier à ce que vous dénoncez.
J'ai ouvert il y a un peu plus d'une année maintenant à Genève un
cabinet particulier, en ce sens que je n'y pratique aucun soin (c'est le
seul en Suisse, à ma connaissance). J'ai décidé simplement, pour
essayer d'informer et d'éclairer les gens et parfois de leur éviter des
traitements inutiles ou inappropriés et coûteux, de mettre à
disposition de la population mon savoir et mes connaissances en
matière de soins dentaires (j'ai obtenu mon diplôme à l'Ecole de
médecine dentaire de Genève en 1997). (...)
Elena Duvernay, Genève
J'en avale mon appareil
«Les parents suisses sont tombés dans le piège: ces dernières
années, ils ont fait poser un appareil dentaire à un enfant sur trois.»
(...) Et plus grave: «La moitié d'entre eux, reconnaît-on à la SSO, n'en
avait sans doute pas fondamentalement besoin médicalement, mais
plutôt pour satisfaire l'envie d'esthétique des parents.»
Si je portais (encore) un appareil, je me serais étranglée en lisant ces
lignes. (...) Chez nous, le traitement, c'est deux sur deux. Chez une
de mes amies, c'est deux sur deux aussi. Une autre amie, un enfant
sur deux. Ma soeur, un sur deux.
Donc mes deux filles suivent un traitement orthodontique. Et je peux
vous dire que cet «investissement» me coûte très, très cher. C'est la
raison pour laquelle, à chaque fois, j'ai demandé à l'orthodontiste de
me confirmer qu'il s'agissait bien d'un traitement destiné à éviter des
problèmes futurs à mes filles (dents en avant, mastication, migraines,
que sais-je) et pas esthétiques. J'ai fait confiance parce que je n'y
connais rien et, si j'avais demandé un deuxième avis, un autre
orthodontiste m'aurait dit: «Mais non, le traitement proposé n'est pas
du tout indispensable, en revanche, moi, je vois autre chose, c'est ça
qu'il faudrait faire...» Ce cas est arrivé à une de mes amies, qui s'est
retrouvée avec deux avis différents, chacun estimé à plus 6000 fr.!
(...)
Plutôt que de faire croire que les parents sont à ce point influencés
par un «devoir d'esthétique» pour réussir dans la vie, votre dossier
aurait pu informer, en lien avec la SSO, des réelles nécessités d'un
traitement, d'une adresse où les parents pourraient se renseigner
pour savoir si leur enfant a réellement besoin d'un traitement et
relever l'abus de certains orthodontistes, qui agissent peut-être par
déformation professionnelle en voulant corriger à tout prix la grâce
d'une imperfection.
Christine Magistrale, Prilly
A propos de l'édito: «Le pari de Pascal», Saturne N° 31
Superbe
Un tout petit mot pour vous dire combien j'ai apprécié votre dernier
éditorial sur "Le pari de Pascal". Superbe petit texte.
Jacques Schouwey, Fribourg
L'Eglise et les poissons
Bien vu tant le titre que le contenu de votre éditorial, avec un
étonnement tout de même. Si je me réjouis que vous fassiez appel à
un retour aux valeurs et que, par là même, vous souteniez Pascal
Couchepin, je dois tout de même constater une certaine incohérence
de votre part et notamment en me souvenant de certains de vos
écrits lors des votations sur l'avortement, au sujet duquel vous avez
mis à l'époque les valeurs chrétiennes à la poubelle.
Il me semble qu'il y a une confusion dans la compréhension de la
laïcité qui ne devrait pas être une exclusion de la religion, mais
l'enseignement du respect de la pluralité des croyances et des
religions. Vous avez le droit de rappeler à l'ordre l'UDC dont le
conseiller fédéral est fils de pasteur lorsqu'il manque aux valeurs,
mais alors, vous devriez avoir la même cohérence lorsqu'il s'agit de
l'abandon des valeurs au niveau du droit à la vie, de l'identité
sexuelle, etc. On pourrait en faire de même avec le PDC lorsqu'il
abandonne le «C». Cela dit, je trouve qu'il est déloyal d'utiliser la
religion à des fins politiques. La mission de l'Eglise est de défendre
les valeurs de la création d'une part et les valeurs chrétiennes d'autre
part. Le nouveau pape a affirmé à juste titre que, si l'Eglise dit la
même chose que le monde, elle n'a plus de raison d'être. L'Eglise
vivra certainement toujours à contre-courant. C'est le signe de sa
vitalité. Seuls les poissons morts suivent le courant... (...)
Norbert Valley, pasteur, Gland
A propos de: «Youpi, Kevin entre à l'école genevoise», Saturne N° 31
Dérapages
Aujourd'hui, j'ai reçu votre bimensuel satirique auquel je suis abonnée
depuis le début.
Mes collègues disaient pareil: «C'est une femme qui a du courage,
lancer seule un journal satirique se référant à des productions
disparues aujourd'hui. Chic! Enfin quelqu'un d'intelligent qui pense
par «soi-même».
Je précise que je suis enseignante vaudoise, et que nous sommes las
de la médiocrité quotidienne de la presse. Et là, aujourd'hui, après
des dérapages de plus en plus vulgaires les mois passant, je tombe
sur votre article sur l'école genevoise. Me Poncet n'aurait pas fait
mieux. La prochaine fois, parlerez-vous avec dérision de l'Holocauste?
Ouvrir la boîte de Pandore peut apporter des surprises. (...)
M.-C. Scoundrianos, Lausanne
A propos de «Pièges à consommateur», Saturne N° 28
Chaussettes miracles
J'ai lu avec amusement votre histoire de chaussettes! Il existe un
endroit au monde où l'on peut trouver des chaussettes
indestructibles: dans un train de Chine. Il y a, en effet, dans les trains
chinois, des camelots, qui font partie du personnel avec uniforme et
badge, qui se démènent avec une énergie folle pour vendre stylos
lumineux incassables, toupies magiques... et des chaussettes
extraordinaires qu'on n'arrive pas à déchirer avec un clou ni une
brosse métallique, sur lesquelles on peut tirer à deux de toutes ses
forces sans que les coutures lâchent, bref, des chaussettes miracles.
Seul problème: les Chinois ont de petits pieds!
Christine Rossi, Vésenaz