Après avoir oublié un gant rempli de compresses dans
le ventre d'une patiente, les Hôpitaux universitaires de
Genève (HUG) cherchent:
un compteur de gants
Critères
– Vous savez que 2 moins 1, ça ne fait pas zéro.
– Vous n'avez jamais les mains moites au point de voir
glisser vos gants sans vous en apercevoir.
– Il ne vous vient jamais à l'idée de bourrer un gant
avec des compresses, sauf pour caler la table
d'opération qui claudique depuis que Couchepin nous
prend la tête avec ses économies de bouts de ficelle.
– Vous osez signaler à un chirurgien, au péril de votre
vie, que son gant est manquant.
– Vous osez signaler à l'anesthésiste, au risque de
votre carrière, que ce n'est pas sur lui-même que
s'applique le masque d'éther.
– Vous osez suggérer à l'infirmière qu'elle attende la fin
de l'opération pour arracher gants et vêtements et
sauter le chirurgien.
– Vous osez interdire à la femme de ménage de se
débarrasser du matériel usagé dans les coins, parce
que le sac-poubelle de 110 litres est déjà plein et
qu'elle devrait retourner au troisième sous-sol pour
en prendre un autre.
– Vous savez marcher à reculons, les mains sur les
oreilles, pour sortir du bureau de Bernard Gruson, le
directeur général des HUG, après lui avoir annoncé le
gant manquant.
– Si qui que ce soit se retournait contre vous, vous
savez déjà qui vous désigneriez comme vrai
coupable: le compteur de compresses. Qui lui-même
en désignerait un autre jusqu'à ce que, comme
d'habitude, l'enquête traîne et soit classée dans cinq
ans.
Envoyez votre dossier aux Hôpitaux universitaires de
Genève, rue Micheli-du-Crest 24, 1205 Genève, tél. 022
372 33 11. N'oubliez pas une chaussette dans
l'enveloppe, le Service du personnel a peu d'humour.