L'INTERPELLATION DE SCARBO

«Il faut interrompre l’arrivée massive
d’étudiants européens dans les universités
suisses», nous écrit le conseiller national
André Reymond.

Réponse du Conseil fédéral:
Monsieur, le Conseil fédéral a pris connaissance de
votre interpellation et vous en remercie. Nous
reconnaissons volontiers que l’étudiant fait partie
des éléments les plus nuisibles de la société.
Improductif et coûteux, il met à profit ses longues
plages de temps libre pour troubler la tranquillité
publique, en particulier la nuit. Lorsqu’il ne s’amuse
pas à réveiller ses voisins ou à importuner nos
filles, l’étudiant pratique une activité qui consiste,
pour l’essentiel, à réfléchir. Nous comprenons
aisément l’inquiétude qui vous anime à ce sujet. Le
Conseil fédéral partage aussi votre opinion selon
laquelle la pensée ne vaut rien, si elle n’est pas
prolongée dans l’action. L’étudiant polonais
employé dans les champs de tabac de votre
collègue Fattebert représente, au contraire, une
forme d’idéal grec du philosophe penché sur son
jardin, l’exemple même de l’épanouissement par
l’effort physique. C’est l’activité qu’il convient, à
notre avis, de réserver aux étudiants étrangers.
Dans votre interpellation du 13 juin dernier, vous
nous donnez un exemple de ce bon usage de
l’intelligence étrangère: «Discours de Bill Clinton en
Suisse: a-t-on perçu la TVA sur son salaire?» La
réponse est «oui», les impôts nous sont bien
parvenus. En espérant vous avoir rassuré sur ce
point, laissez-nous conclure en vous félicitant de
votre interpellation. Nous en recevons de toutes
sortes, plus originales les unes que les autres. La
vôtre, croyez-nous, devrait vous valoir pour le
moins un diplôme.

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