Paniqflu
«Est-ce le moment de paniquer?» J'ai lu hier, dans mon
Jakarta News auquel je suis abonnée depuis que la
grippe aviaire menace de me tomber dessus, comme
Hervé les soirs où il doit absolument se dépêcher de
rentrer pour amener son fils à la rythmique et qu'il
souhaite prendre, avant Jacques Dalcroze, un peu de
plaisir avec moi. Eh bien, moi, je réponds oui. C'est le
moment de paniquer. D'ailleurs, j'ai fait de la place
dans mon armoire Pfister où, d'habitude, je range les
skis, l'aspirateur et la tondeuse, et j'ai eu juste de quoi
y remiser mes 102 boîtes de Tamiflu, médicament
miracle. Parce que le risque tient à pas grand-chose
aujourd'hui. Suffit que la poule d'Hervé lui cuisine une
pintade et que celle-ci ait eu un contact avec un pinson
du Nord qui arrive directement de Sibérie via l'Asie, et
ce sera pour ma pomme. Moi, je lui ai dit à Hervé, qui
est désormais la seule personne que je tolère à la
maison: si tu souhaites toucher mon corps, va y avoir
des mesures d'hygiène incontournables entre nous.
Déshabillage sur le paillasson, jusqu'au slip M-Budget,
passage du corps (entier) au karcher, désinfection de
l'orifice buccal à l'alcool à brûler, interdiction de partir
en voyage au Kazakhstan. Rien de très contraignant
après tout. Juste la réglementation de base pour toute
personne qui manie des denrées périssables. Parce que
Hervé, je lui ai dit, quand tu me manies, j'espère que tu
te souviens que je suis une denrée périssable.
Béatrice Schaad