BALAI FÉDÉRAL

TEXTE: SCARBO

Les radicaux romands n’en peuvent plus de vouloir
réformer la Suisse. Il y a ceux qui appellent au
sursaut républicain, ceux qui veulent élire les
autorités cantonales en même temps que les
fédérales, les partisans d’une fusion des cantons ou
les sages du parti, qui ont pour horizon la vieillesse
et l’élection du Conseil fédéral sur une liste
unique. Malheureusement, leurs collègues
alémaniques ne comprennent strictement rien à
cette fièvre réformatrice. L’ancien président, Rolf
Schweiger, y a quasiment laissé sa santé.
Aujourd’hui, c’est au Lucernois Otto Ineichen de
protester contre l’emballement de la machine à
penser radicale-libérale. Il a tort. Les radicaux
romands ont simplement compris qu’il n’est jamais
aussi urgent de réformer le pouvoir que lorsque
qu’il est en train de vous échapper.

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Ce sont des remerciements déchirants de sincérité
qui ont résonné dans la salle du Conseil des Etats.
Des remerciements qui auraient arraché des
larmes à un promoteur immobilier, à un vendeur de
canons à neige ou à l’agresseur inconnu du chef du
WWF valaisan de l’époque. Merci, a su dire Simon
Epiney, le très Valaisan et très PDC conseiller aux
Etats. Merci, a dit l’homme qui espère supprimer
définitivement le droit de recours. Il faut remercier
les écologistes des années 1970, s’est exclamé
Simon Epiney, remercier ces idéalistes qui ont
permis, à l’époque, d’éviter bien des dérives. Sans
vouloir le contredire, on relèvera que c’est
précisément dans les années 1970 qu’a fleuri en
Valais le fameux dicton «Pendons les écolos tant
qu’il reste des arbres». Manifestement, l’arbre s’y
fait de plus en plus rare.

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Désormais, la Suisse refusera
d’accorder l’asile à un requérant dépourvu de
papiers d’identité. Les défenseurs des réfugiés ont
tenté, sans succès, de retourner quelques
parlementaires bourgeois avec cette anecdote: la
Suisse a récemment refusé l’asile à un Birman,
parce qu’il avait, justement, ses papiers d’identité.
Motif: on ne peut prétendre être persécuté par un
Etat, alors qu’il vous a gracieusement délivré un
passeport lorsque vous le lui avez demandé. La
Suisse reconnaissait jusqu’ici les immigrants du
premier cercle et du deuxième cercle, la voilà qui
invente la politique migratoire du cercle vicieux.

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