TEXTE: SCARBO
Le métier de correspondante parlementaire est l’un
des plus ardus qui soient. Dans les couloirs du
Palais, la journaliste doit surmonter les préjugés
des parlementaires machistes, les witz de la
députation UDC et les avances sexuelles de
Jacques-Simon Eggly. Le libéral genevois est
intarissable sur la bonne tenue de ses
performances physiques, malgré les aléas de l’âge
et de la maladie. Pour éviter ses sous-entendus
graveleux, les correspondantes en sont réduites à
toutes sortes de stratagèmes que les plus
expérimentées d’entre elles transmettent
rituellement à chaque nouvelle venue. Evitez
Jacques-Mignon. Haussez le ton si nécessaire.
Invoquez votre mari. Vos convictions chrétiennes.
Un rendez-vous urgent. Ces journalistes font
pourtant preuve ici de précautions excessives.
Avec elles comme avec ses cousins radicaux, ce
membre éminent du Parti libéral n’a finalement
qu’une ambition: fusionner.
* * * *
Oskar Freysinger est un homme de dossiers, un
parlementaire sérieux qui connaît son sujet. Il l’a
prouvé avec une récente interpellation, dans
laquelle il regrette que l’Office fédéral de la santé
publique favorise les préservatifs Hot Rubber, au
détriment d’autres marques «de meilleure qualité».
Sacré Oskar. Quand on a essayé l’arôme fraise, on
ne peut plus s’en passer.
* * * *
Christoph Blocher, qui qualifie volontiers
l’administration fédérale d’« atelier protégé», ne
s’attendait pas à se découvrir une aussi fidèle alliée
en la personne de Micheline Calmy-Rey. Au risque
de se fâcher avec la gauche et les syndicats, la
ministre socialiste a insisté, dans la presse
alémanique, sur la nécessité de réformer une
administration qui, dit-elle, «fonctionne parfois
comme au XIXe siècle». L’image peut aussi
s’appliquer au gouvernement: au XIXe siècle, il n’y
avait pas non plus de socialiste au Conseil fédéral.